J’ai plaisir à mettre en ligne cet article écrit par Raymonde VIBOUD qui est professeur d’économie et qui est notre nouvelle secrétaire départementale du parti radical de Côte d’Or, “le parti de Jean-Louis BORLOO”.
Le sommet du 2 avril 2009 s’est ouvert à un moment critique d’une grande crise du capitalisme devenu universel. Après l’immobilier en 2006, le crédit en 2007, la finance en 2008, la déflation frappe de plein fouet l’économie en 2009, avec une croissance mondiale en recul de 2 %, un commerce international en chute de 9 %, 50 à 55 millions de chômeurs supplémentaires. Les dirigeants des principales puissances mondiales se sont donc entendus sur un certain nombre de principes et mesures visant à refonder le système financier international et envisager des pistes de sortie de crise. Voici les principaux points d’accords du G20 et les interrogations qu’ils suscitent:
Mille milliards de dollars pour l’économie mondiale: 750 milliards iront au Fonds monétaire international (FMI). Le Fonds va également pouvoir vendre de l’or pour financer son aide aux pays les plus pauvres. De son côté, la Banque mondiale va augmenter sa capacité de prêts de 100 milliards par an sur trois ans, et pourrait également lever des fonds sur les marchés à hauteur de 250 milliards de dollars.
On peut s’interroger sur l’utilisation de ces fonds : encore faut-il qu’ils servent réellement la croissance verte et qu’ils redonnent du tonus à une consommation atone. Or, on sait bien que la relance par les dépenses publiques ne donne pas souvent les effets escomptés. Et puis ce sont de toutes façons les Etats donc les contribuables qui vont devoir assumer ces emprunts.
Paradis fiscaux et contrôle des hedge funds : le G20 s’est mis d’accord jeudi pour publier une liste des pays fiscalement non coopératifs. Cette liste, établie par l’OCDE, a été publiée le soir même. Une liste de sanctions serait également prévue.
Quid des Iles Vierges (américaines) et de Jersey (anglaise) (et de bien d’autres encore) qui n’y apparaissent même plus ? et comment contrôler la création de nouveaux hedge funds qui pourraient d’ailleurs naître de ces 1000 milliards mis en circulation par le FMI ! Ils devraient faire l’objet d’un enregistrement systématique auprès de leurs régulateurs nationaux ( ?) et seraient contraints à une transparence de gestion (donner des informations sur leur niveau d’endettement ? ). Les modalités d’application vont être déterminantes pour une réelle efficacité de ces dispositions.
Encadrement des bonus des traders : les pays du G20 se sont mis d’accord pour mettre en œuvre de « nouvelles règles » sur les salaires et les bonus au niveau mondial.
Mais les contrats de travail relèvent du domaine privé et engagent leurs signataires à titre individuel. Comment une réglementation peut-elle remettre en cause la responsabilité contractuelle .
Contrôle de la finance mondiale : le G20 a décidé la création d’une organisation mondiale de la finance : le Conseil de stabilité financière, qui remplacera le Forum de stabilité financière. Il associera les grands pays émergents. Par ailleurs, la coopération entre superviseurs nationaux va être considérablement renforcée pour surveiller les banques multinationales.
Là aussi on peut s’interroger sur l’efficacité de ce contrôle : quels moyens va-t-on lui donner pour assurer sa mission ? et quelles missions ? Aura-t-il un pouvoir de sanctions ?…
En dépit de ces nombreuses interrogations, on ne peut nier que le FMI sort ainsi puissamment renforcé tant dans ses moyens d’intervention que dans ses missions, élargies à la supervision financière, qu’il partagera avec le Conseil de stabilité financière. Un début de mondialisation politique prend forme autour du G20, des instances de régulation nationales et internationales et des organisations multilatérales. On peut espérer qu’elle permette de structurer les négociations économiques du XXIème siècle.
liste des participants au sommet du G20 : AFRIQUE DU SUD - ALLEMAGNE - ARABIE SAOUDITE – ARGENTINE -AUSTRALIE - BRESIL - CANADA - CHINE - COREE DU SUD - ETATS-UNIS - MEXIQUE - ROYAUME-UNI – RUSSIE - TURQUIE – FRANCE – INDE – INDONESIE – ITALIE – JAPON - UNION EUROPEENNE (président en exercice) + ESPAGNE et PAYS- BAS et 7 organisations internationales (soit 85 % du PIB de la planète).