Nos larmes ne sont pas séchées que l’on se pose la question du bien fondé de la présence de nos soldats en Afghanistan.
Le Président Sarkozy, chef des armées, nous a fait connaître son choix : à savoir le maintien de nos troupes, dans le cadre de l’OTAN, aux cotés de nos alliés. C’est un choix que n’avait pas fait en son temps le Président Chirac, lorsqu’il s’est agi de chasser Sadam Hussein et d’occuper l’Irak. Le Parlement prendra position plus tard.
Toutes les armées occidentales sont économes de leurs moyens humains.
Malgré tout, il y a fort à parier qu’en ayant le courage politique, et la volonté, de continuer à assurer notre mission à Kaboul, nous aurons d’autres pertes.
Bien entendu le commandement inter alliés « débriefe » l’opération, pour tirer les leçons concernant des lacunes qui ont été mises en évidence lors de l’embuscade ayant coûté la vie à nos dix soldats.
Probablement faudra t’il essayer de pallier au problème récurrent des communications (les équipements militaires ne sont pas toujours audibles correctement, surtout lorsque la topographie, comme en Afghanistan, est tourmentée et qu’il s’agit de travailler dans une langue étrangère, l’anglais), ainsi que celui des liaisons de commandement à commandement pour sécuriser en amont et aval les zones d’opération.
Sans doute aussi, et le plus rapidement possible, faudra t’il disposer d’équipements moins rustiques, l’armée française excellant dans l’art de gérer la pénurie….
Mais croit-on que nous retirer d’Afghanistan, sur la pointe des pieds –comme l’ont fait les Italiens en Irak- est une solution conforme à notre démocratie, à nos libertés, pas seulement atlantistes, mais bien européennes ?
N’a-t-on pas encore réalisé que nous vivons, sur le sol national, sous la menace d’un terrorisme dormant qui attend de nous voir baisser la garde pour se révéler dans toute son horreur lorsque nous aurons perdu la face en quittant l’Afghanistan ?
Est-ce que notre armée aura alors pour mission de doubler la gendarmerie et la police, comme c’est actuellement le cas de l’armée italienne ? Ne serait-ce pas la manifestation d’un repli sur soi, bien peu européen.
Penser que la solution idéale repose sur une défense européenne est certes tentant.
C’est oublier que l’EUFOR restera adossé à l’OTAN.
L’EUFOR, comme l’OTAN, ne disposent pas d’effectifs propres, mais sont capables de mettre à disposition des hommes et des moyens, dans un délai déterminé, de façon à les projeter hors de nos frontières.
Qu’il s’agisse de l’OTAN ou de l’EUFOR, les unités restent sous le commandement de leurs chefs.
Par contre l’EUFOR ne dispose pas de moyens logistiques importants –projeter une armée c’est avant tout une affaire de logistique- et utilise ceux de l’OTAN.
C’est une erreur que de croire que l’EUFOR va se substituer à l’OTAN.
Non seulement parce qu’elle n’en a pas les moyens financiers (ne sommes nous pas en train de baisser drastiquement notre budget défense ?) mais aussi parce que nous contribuons au budget de l’OTAN lequel mobilise des ressources autrement plus conséquentes que ne peut mobiliser l’UE à 27 ou plus.
Ne convient-il pas de commencer par amortir ce que nous finançons avant que de créer des doublons ?
L’EUFOR n’a pas non plus l’expérience de l’OTAN.
Jean-François LELOUTRE
Secrétaire Départemental Adjoint de la Fédération radicale de Côte d’or