9 novembre 2009.
Déjà 20 ans ! cette chute du Mur qui préfigurait la disparition de l’URSS en 1991 et du bloc soviétique fut évidemment un événement considérable. Il est banal de le dire.
Nous vivions dans un monde construit autour de la bipolarité USA-URSS. Ce monde a changé, aujourd’hui multipolaire, plus instable qu’hier dans une certaine mesure, avec une prolifération nucléaire inquiétante car non organisée, et une radicalisation religieuse source de conflits et d’incompréhension.
Je suis allé à BERLIN pour la première fois en mars 1990.
Avec des amis du Lycée Carnot, nous avons passé quelques temps en République Démocratique Allemande (la “DDR” Deutsche Démokratische Republik), dans les villes de Dresde, Weimar, et surtout Berlin Est, et ce quelques mois après ce fameux 9 novembre 1989 et la “chute” du Mur.
Nous étions dans une période très particulière, à nul autre pareil.
La RDA, qui n’avait de démocratique que le nom jusqu’en 1989, était encore un Etat à part entière avec ses frontières et ses institutions.
Début 1990, à BERLIN Est la frontière existait encore, mais était assez perméable.
Le Mur de Berlin, entaillé par endroit, mais avec un contrôle aux frontières, était en fait un No Man’s Land cerné de deux murs à l’Est et à l’Ouest.
Au delà des passages officiels contrôlés, il était assez aisé de s’engouffrer de nuit dans le No man’s land, qui n’avait plus de vopos (militaires est allemands) et de passer à l’ouest par des brèches dans les deux murs.
Avec mes amis, j’ai vécu un soir de mars 1990 cette expérience du passage du mur, non loin de la Porte de Brandebourg, dans un flot de passagers “clandestins” de l’est à l’ouest. Je me rappelle avoir vu des Berlinois franchir le mur avec des valises… ne sachant pas, et nous ne le savions pas en mars 1990, que la réunification arriverait si vite en fin 1990, et qu’il était inutile de fuir et de se réfugier en occident.
En mars 1990, nous étions à la veille des premières (et seules) élections libres en Allemagne de l’Est depuis 1932… sous la République de WEIMAR. L’apprentissage de la Liberté et de la Démocratie se ressentait dans les villes et dans la population, qui adoptait tous les symboles de l’occident, le Coca, le jean Levis, la musique…. La publicité de ces produits était également une nouveauté, et la société de consommation un apprentissage à part entière.
Je me souviens que le débat du moment était celui du taux de change entre le Mark de l’ouest et celui de l’Est, le taux officiel était de 1 contre 1, mais le taux dans la rue à Berlin Est était plutôt de 1 contre 5…. les habitants de l’Est très en recherche de Marks de l’Ouest n’ayant plus confiance en leur monnaie et leur économie.
En mars 1990, il était alors difficile d’imaginer que la RDA disparaitrait si vite en tant qu’Etat, quelques mois plus tard, en décembre 1990 dans une Europe en paix.
On apprend aujourd’hui de Mickael GORBATCHEV que les tensions étaient très vives entre les grandes puissances en 1989 et 1990.
Pourtant, la clairvoyance, le sens de l’histoire des dirigeants de l’époque a permis de franchir sans heurts ce bouleversement du Monde.
Ce n’était pas la fin de l’histoire, mais le début d’une autre.